Hypersensibilité, HPI et TDAH : ce qui se recoupe, ce qui diffère, ce qui compte vraiment

J’accueille des patients au cabinet qui se reconnaissent dans l’hypersensibilité.


Néanmoins, de plus en plus me questionnent autour de la dimension Haut potentiel intellectuel (HPI) ou du Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) que l’on pourrait ou non associé à l’hypersensibilité. 

En effet, ces notions parfois s’additionnent, et parfois se confondent… et il devient difficile de comprendre ce qui relève d’un trait de fonctionnement, d’un profil cognitif ou d’un trouble neurodéveloppemental.

Cet article a pour objectif de clarifier, nuancer et surtout remettre l’expérience vécue au centre, en s’appuyant sur des données issues de la recherche.


L’hypersensibilité n’est ni un diagnostic médical ni un trouble psychologique.

Elle correspond à un trait de tempérament, appelé en psychologie Sensory Processing Sensitivity (SPS), conceptualisé par la psychologue Elaine N. Aron.

Les recherches montrent qu’environ 15 à 20 % de la population présente ce fonctionnement. Le système nerveux traite les informations plus profondément et les stimuli sensoriels, émotionnels et relationnels sont perçus plus intensément.

Cela peut se traduire par :

  • une grande empathie

  • une perception fine des ambiances (bruit, lumière…)

  • une réactivité émotionnelle marquée

  • une fatigue rapide en cas de surcharge

Au fil de mon parcours professionnel et personnel, je suis parvenu à identifier que ce fonctionnement retentissait également pour certains sur le corps entrainant tantôt des maux de ventres, des migraines, de l’eczéma, des réactivités à l’environnement ayant des causes racines dans ce que le corps ne parvient pas à intégrer. Cela peut être soit d’origine alimentaire, environnemental et/ou émotionnel. Il n’y a pas une addition systématique de ces origines.

L’hypersensibilité n’est pas une pathologie, mais plutôt un trait de personnalité que l’on pourrait apparenter à une très forte intensité qui nécessite des conditions de régulation adaptées.


Le haut potentiel intellectuel, une performance cognitive

Le Haut Potentiel Intellectuel (HPI) est classiquement défini par un QI ≥ 130.
Mais l’expérience des personnes concernées ne se limite pas à une performance cognitive élevée.

De nombreuses études et observations cliniques décrivent :

  • une pensée rapide et en arborescence

  • une forte activité mentale

  • une intensité émotionnelle fréquente

  • une sensibilité existentielle et relationnelle

Ces caractéristiques font écho aux travaux du psychiatre Kazimierz Dabrowski, qui décrivait plusieurs formes de surexcitabilités (émotionnelle, sensorielle, intellectuelle…).


Le troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, un trouble du neurodéveloppement

Le TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) est un diagnostic médical, défini par des critères précis.

Il se caractérise notamment par :

  • des difficultés attentionnelles

  • une impulsivité cognitive ou comportementale

  • une hyperactivité externe ou interne

  • des troubles de la régulation émotionnelle

Les travaux de Russell A. Barkley montrent que le TDAH touche en profondeur les fonctions exécutives, et que la surcharge émotionnelle est fréquente.


Hypersensibilité, HPI et TDAH partagent des manifestations communes :

  • surcharge mentale

  • fatigue chronique

  • émotions intenses

  • sentiment de décalage

  • difficulté à récupérer

Mais leurs origines diffèrent :

  • le HPI relève du fonctionnement cognitif

  • le TDAH relève du neurodéveloppement

  • l’hypersensibilité relève du tempérament et du système nerveux

Une même personne peut cumuler plusieurs fonctionnements… ou n’en présenter qu’un seul.


La recherche contemporaine converge sur un point essentiel : la qualité de la régulation émotionnelle et corporelle est centrale, quel que soit le profil.

Les travaux de Stephen Porges, à travers la théorie polyvagale, montrent que le bien-être émotionnel ne dépend pas uniquement de la compréhension cognitive, mais avant tout de la capacité du système nerveux à se sentir en sécurité. 

Les accompagnements qui soutiennent la régulation neurophysiologique — par le corps, la relation et l’environnement — favorisent une meilleure régulation émotionnelle, une diminution de l’hyperréactivité et une plus grande résilience.


Les approches qui montrent des bénéfices transversaux reposent sur des piliers communs :

  • le travail psycho-corporel

  • la régulation du stress et des émotions

  • le développement d’un sentiment de sécurité intérieure

  • l’ajustement de l’environnement et du rythme de vie

Au cabinet, l’accompagnement s’appuie sur une combinaison d’outils permettant à la fois une lecture par le corps et une mise en mots de l’expérience vécue.

Les fleurs de Bach, la méthode Total Reset, la communication non violente soutiennent cette approche globale, en respectant le rythme, les besoins et la sensibilité de chacun.


Au final, je crois profondément que mettre des mots peut soulager, que comprendre son fonctionnement peut apaiser, mais que se réduire à une étiquette peut parfois enfermer.


Au-delà des diagnostics et des profils, l’enjeu est souvent le même : apprendre à vivre avec soi-même, sans s’épuiser ni se nier.

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